Le juge de Soajo
- Arcos Tour

- 22 janv.
- 3 min de lecture

Il était une fois...
Au Moyen Âge, dans ce qui est aujourd'hui le parc national de Peneda-Gerês , plus précisément dans le village de Soajo , vivait un juge connu du peuple pour son intelligence, sa perspicacité et son sens de la justice : Ti Saramalho.
La région était marquée par des conflits transfrontaliers , mais aussi par des querelles entre habitants, qu'il s'agisse de problèmes liés à l'eau d'irrigation ou de désaccords sentimentaux. De ce fait, il était courant que les autochtones règlent leurs problèmes « à l'ancienne », ce qui aboutissait souvent à des situations extrêmes, comme des homicides.

Un jour, alors qu'il se rendait dans sa ville natale, Ti Saramalho fut témoin d'un meurtre. Dès lors, des accusations injustes commencèrent à circuler, visant à incriminer un innocent pour disculper le véritable coupable. Conscient de l'innocence de l'accusé, mais également des preuves accablantes, le juge Ti Saramalho, ne pouvant intervenir directement comme témoin, dut user de son intelligence pour sauver l'innocent. Il prononça ainsi une sentence qui reflète l'essence même de Soajeira :

« Qu’il meure ou non, qu’il soit pris dans un nœud inextricable, ou qu’il soit banni à vie et qu’on lui donne cent ans pour se préparer. »
L'injonction de cette sentence provoqua une vive émotion parmi les habitants, suscitant une forte controverse quant à son interprétation. Face à ce tollé et à l'appel interjeté par la famille de la victime, Ti Saramalho fut convoqué devant la Cour d'appel de Porto pour s'expliquer. Il se rendit à cheval au port de Viana do Castelo, puis embarqua en caravelle pour Porto.

À son arrivée au tribunal, outre une longue attente, lorsqu'il fut invité à participer à l'audience, on le laissa debout, sans lui proposer de chaise. Ce geste, probablement motivé par son apparence plus rurale ou par un sentiment de supériorité, ne le perturba pas. Naturellement, le juge plia sa robe noire et s'en servit comme siège improvisé.

Au cours de l'audience, en réponse aux questions des personnes présentes, Ti Saramalho, avec sa vive intelligence, a expliqué clairement et avec perspicacité les raisons de la sentence prononcée, qui visait à faire de cet homme un condamné non reconnu coupable, même s'il n'était pas celui qui avait assassiné la victime.
Fasciné par ce verdict et par la manière dont Ti Sarramalho avait présenté sa défense, il obtint ainsi le droit de faire appel. À sa sortie de l'audience, un fonctionnaire courut après lui pour lui rendre le manteau qui lui avait servi de siège. Poliment et d'une posture ferme, Ti Sarramalho déclara :
« Le juge de Soajo, le fauteuil sur lequel il siégeait, il ne l’a jamais emporté avec lui. »
Cette réponse était la manière dont Ti Sarramalho critiquait l'attitude des personnes impliquées à la Cour d'appel de Porto, qui ne l'avaient pas traité avec le respect et la déférence que méritait sa position.

Les phrases de Ti Sarramalho
Phrase : « Qu’il meure ou non, qu’il soit pris dans un nœud inextricable, ou qu’il soit banni à vie et qu’on lui donne cent ans pour se préparer. »
Signification : Puisque l'accusé était innocent, Ti Sarramalho a arrangé une sentence de sorte qu'il ne soit jamais emprisonné de son vivant, disant qu'il aurait 100 ans pour se préparer, ce qui signifie qu'il ne serait probablement même plus en vie.
Phrase : « Le juge de Soajo, le siège sur lequel il était assis, il ne l’a jamais emporté avec lui. »
Signification : Vous est-il déjà arrivé d’aller chez quelqu’un et d’emporter sa chaise ? Non, n’est-ce pas ? C’était la façon qu’avait Ti Sarramalho de démontrer la négligence de son hôte, donnant ainsi naissance à une légende.
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